Les Français face au marché de l’emploi à Singapour

Chercher un emploi à Singapour ou en Asie du Sud-Est, cela peut s’avérer un parcours du combattant tant les situations et les législations des marchés de l’emploi sont différentes.

Certes il y des sources d’informations mais celles-ci peuvent être parfois très subjectives, notamment les témoignages des français à Singapour, car pour 99% d’entre eux, ils sont positifs : en effet seuls ceux qui ont réussit à trouver un emploi en parle, les autres préfèrent passer sous silence leur échec.

 

Asymétrie d’information

De facto de nombreuses personnes n’ayant jamais cherché un emploi à Singapour peuvent avoir une impression biaisé de la situation dûe à cette abondance d’opinion positive sur la recherche d’emploi dans la Cité-Etat (à lire : Les paradoxes du marché du travail à Singapour).

Les paradoxes du marché du travail à Singapour

Afin de lutter contre cette asymétrie d’information vous avez bien des blogs et des sites, mais la plupart sont en langue anglaise. Si ils sont utiles, ce n’est pas forcément non plus le meilleur point d’entrée / introduction pour les personnes qui se renseignent sur le marché de l’emploi à Singapour.

 

Guide pour l’emploi des français

Pour pallier à cette situation un groupe Conseillers du Commerce Extérieur (CCE) de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam) a réalisé bénévolement un guide pour l’emploi des Français en Asie du Sud-Est, à destination des Français.

Avant de vous proposer le document je l’ai tout de même lu afin de vérifier le contenu et surtout d’éviter de la propagande bidonnée façon France 2 (à relire : L’herbe est-elle toujours plus verte à Singapour ?).

Guide pour l’emploi des Français en Asie du Sud-Est

Pas de souci majeur : c’est neutre, bien écrit et bien informé et cela constitue le point de départ parfait pour les français qui viennent à Singapour en quête d’un emploi ou dans l’intention de créer une entreprise donc n’hésitez pas à le consulter.

 

A quoi sert ce guide ?

L’objectif n’est pas de paraphraser ou répéter ce qui existe déjà comme les informations pays qui existent sur les sites des Chambres de Commerce, du Ministère des Affaires Etrangères, des Ambassades, les blogs,… mais :

  • En complément de ces dernières, de donner des informations spécifiques (par exemple : on ne peut pas louer un appartement à Singapour sans avoir un visa de travail ou un PR).
  • Et de lister les opportunités d’emploi dans d’autres pays de la zone, pour ceux/celles qui n’auraient pu trouver dans le pays vers lequel ils/elles se sont dirigées initialement (ce qui arrive beaucoup plus souvent que l’on ne croit).

Le document complet est disponible en téléchargement gratuit sur le site de l’Ambassade de France à Singapour : Les Français face au marché de l’emploi en Asie du Sud-Est.

Partager
Auteur du blog Paris-Singapore, boit 8 cafés par jour pour se tenir éveillé et lit des gros livres pour paraître intelligent.
  • Nicolas

    Tres Tres bien réalisé ce guide… d’ailleurs, je retiens que les compétences recherchées à Singapour sont de niveau mondial…. Si vous ne faites pas rapidement l’affaire, vous dégagez. Si vous avez une compétence pointue dans un domaine recherché, les portes et les bourses s’ouvriront rapidement aussi ^^

    • Exact, certaines compétences sont très recherchées !

  • Chris

    J’ai été dans cette situation. Au contraire, je trouve que les articles et les témoignages sont très négatifs en ce qui concerne le marché du travail à Singapour (législation, compétences spécifiques, etc.). Je trouve cela très décourageant. Du coup, j’ai tout simplement arrêté de lire les articles et les commentaires ET commencé à rechercher activement.

  • JPBWEB

    Malgré tout, je considère que vivre et travailler à Singapour est et reste une chance et un privilège. Pour
    autant, je conviens que ce n’est pas forcement l’eldorado qu’on croit. Aucun doute à avoir sur le fait que quelqu’un de qualifié et de motivé trouvera un bon job à Singapour. La demande de talent excède l’offre locale, et ça va continuer. Je connais plusieurs cas de Français et autres Européens ces
    derniers mois qui ont trouvé de chouettes jobs sans aucune difficulté particulière
    et en un temps remarquablement court.

    Quelques observations en vrac, cependant :

    Il est presque indispensable d’être présent à Singapour pour chercher un emploi.
    Les chances de décrocher un job local depuis l’étranger sont très minces. Et
    les jobs d’expats se font très rares.

    La creation d’entreprise à titre individuel est infiniment plus simple qu’en Europe, et nettement plus susceptible de succès, pour peu qu’on soit bon dans ce qu’on fait. Les portes s’ouvrent assez facilement, et il y a de quoi faire. Mais évidemment, il faut quand même pouvoir se permettre une période de lancement avant de pouvoir en vivre.

    Les aides publiques pour les start-ups sont d’une grande générosité, pour peu que les secteurs ‘collent’ avec ce que le gouvernement de Singapour cherche a promouvoir.

    L’obtention d’un Employment Pass devient assez hasardeuse, et il y a de nombreux rejets. La société que je dirige accomplit ce genre de démarche pour nos clients, et il arrive de plus en plus souvent que nous devions faire appel d’une décision négative. Jusqu’ici, nous avons toujours obtenu gain de cause, mais rien ne garantit que ça va continuer. La remarque vaut aussi pour les PEP et autres PR. L’octroi de PR (Permanent Resident) se fait désormais au compte-goutte, et les rejets sont très fréquents, même pour des candidats dont le profil ne posait aucun problème. La rumeur dit que ça va empirer jusqu’après les prochaines élections en 2016.

    La creation d’une société reste chose aisée à Singapour. L’ouverture d’un compte bancaire pour cette société l’est beaucoup moins. Certains de nos clients, qui ne sont pourtant pas des criminels, ne parviennent pas à satisfaire les exigences de ‘Compliance’ de certaines banques (le fameux KYC – Know Your Client), dont les procedures vont très au-delà de ce qu’impose la législation. Les trois grandes banques singapouriennes sont parmi les plus strictes et les plus procédurières.

    Les autorités suivent de très près l’activité des nouvelles sociétés créées, afin de s’assurer qu’elles satisfont a toutes leurs obligations, que les aides qui leur sont attribuées sont justifiées par leur activité etc. Les fraudes sont réprimées sévèrement (amendes lourdes, peines de prison). Les législations anti-blanchiment,
    anti-corruption etc. sont de plus en plus strictes, et elle contiennent une dose d’extra-territorialité : un
    acte de corruption commis dans un pays tiers (exemple au hasard, en Indonésie…) est susceptible de poursuites et condamnation à Singapour.

    En tant qu’employeur, il est difficile de trouver et de conserver les bons éléments. Et la complexité croissante des procédures d’immigration empêche le recours à la main d’œuvre importée. D’où tension sur les salaires, et haute volatilité du personnel.

    Travailler avec des locaux (Singapouriens ou PR malaisiens pour la plupart) recèle une part de mystère, même après des années. Parfois difficile de savoir ce qu’ils pensent ou ce qu’ils veulent vraiment.

    • Merci JPBWEB pour les informations précises et détaillés. Comme souligné, il est possible de réussir à Singapour, à condition d’être bien renseigné et surtout savoir à quoi s’attendre (cf paragraphes sur les banques pour ceux qui souhaitent lancer leur activité).

  • Alex

    Bonjour, je viens de terminer mes études. Je suis diplômé en Relations Internationales avec une spécialisation dans la gestion des conflits internationaux. Je parle couramment l’anglais et le Bahasa. J’ai effectué de nombreux stages auprès des Nations Unies (à Genève) et de l’UE (
    à Bruxelles)

    Est ce que mon profil est susceptible d’intéressé une entreprise ou un organisme à Singapour ? Je souhaite y travailler mais j’ai entendus dire que les postes les plus demandés concernent l’économie et le commerce de manière générale. Est-ce vrai ?

    Cordialement

    • Salut Alex,

      Le plus simple : fais un CV (à la Singapourienne) avec une adresse locale et envoies les aux entreprises/organismes qui sont susceptibles d’être intéressés. Si aucune réponse alors c’est mauvais signe. Si il y a des gens intéressés tu devrais avoir des nouvelles rapidement.

      Les profils les plus recherchés? Software developer (si en plus tu fais de l’iOS, alors là tu peux choisir ton entreprise et imposer tes conditions financières).