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Web 2.0 et censure à Singapour

Big Brother is watching you !

Le web Singapourien est relativement surveillé, c’est un fait. La Media Development Authority (MDA) bloque même l’accès à certains sites pour adultes.

Cette censure reste très symbolique (seul une centaine de sites pour adultes sont bloqués) et on est très loin du “Great Firewall’ de la Chine.

Néanmoins le web Singapourien reste très étroitement surveillé à la manière des journaux et des médias.

Quasiment tout le traffic web de Singapour passe par une dizaine de serveurs qui gardent une trace de tout ce qui se passe dans la Cité-Etat facilitant de facto le travail des autorités.

De surcroît la majorité des bloggers et activistes online sont également surveillés et les autorités n’hésiteront pas à leur rendre visite.

 

En pratique…

La Police ne débarquera pas chez vous parce que vous êtes allez sur un site pour adulte mais n’oubliez que la possession de matériel à caractère pornographique est strictement interdite.

Il va donc falloir vous débarrasser de ce disque dur regroupant le meilleur du hentai à tentacules que vous avez constitué lors de vos 10 dernières années au Japon.

Rappelons que ceci obéit à une logique imparable : la possession de matériel à caractère pornographique est interdite mais la prostitution est légale (alors qu’en Thaïlande c’est l’inverse).

 

Les médias sociaux : un espace de liberté

Il y a encore quelques années les Singpaouriens n’osaient pas évoquer en public (dans les restaurants, dans les transports en communs,…) leur bord politique.

En fait, vous aviez le droit d’afficher votre couleur politique pourvue que ce soit celle du People’s Action Party (le parti de Lee Kuan Yew) au pouvoir depuis près de 50 ans.

Mais surtout il ne fallait ni critiquer le gouvernement en place et encore moins faire preuve d’intérêt pour l’un des partis d’opposition.

Depuis cela a bien changé, et en partie grâce au médias sociaux. Lors de la dernière General Election de 2011 la plupart des Singapouriens se sont exprimés sur Internet notamment sur les blogs, Facebook, Twitter et surtout dans les commentaires sur Yahoo Singapore.

De facto cette liberté de parole s’est rapidement propagée au monde réel et maintenant les Singapouriens n’ont (presque) plus peur de parler de politique ouvertement.

Ainsi il n’est pas rare de les entendre (et pas que les chauffeurs de taxis) débattre du pouvoir en place ainsi que la main mise du gouvernement sur l’information à Singapour.

 

Pour conclure

N’oubliez pas que tout ce que vous racontez en ligne peut-être potentiellement surveillé. L’anonymat sur Internet est toujours relatif, que ce soit à Singapour ou ailleurs.

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