7 réalités à connaître sur la vie à Singapour

Grâce aux reportages de France 2  (et en attendant la prochaine vague médiatique grâce au Bachelor), Singapour n’a jamais été aussi populaire auprès des français ! Et il faut dire que la propagande que font les français sur Facebook aide beaucoup à l’image fantastique de la Cité-Etat. 

Mais derrière les photos de piscine et des weekends à la plage, quelles sont les réalités de la vie à Singapour, tour d’horizon sur les éléments les plus subjectifs.

 

1- Les appartements de rêve

La promesse : Les condos; ces appartements flambants neufs et tout équipé au centre ville, certes cela coûte cher (même très cher) mais à ce prix là vous avez une piscine Olympique, une salle de sport fantastique, des courts de tennis,… Vous avez l’impression de faire partie d’une élite qui peut se permettre un style de vie comfortable.

Condo sur l'île de Sentosa

La réalité : la picsine dans le condo c’est sympa mais vu le nombre de fois où vous y allez ce n’est pas forcément très rentable de vivre en condo et du coup vivre en HDB n’est pas forcément un mauvais choix (mais pour des questions d’images de nombreux français préfèrent vivre dans un vieux condo pour ne pas être étiquetté pauvre par les autres français*).

De sucroît certains HDB n’ont rien à envier aux condos.

 

2- Les weekends à l’étranger

La promesse : les fameux weekends à Bali, Hanoi, Phuket,… Tous les français à Singapour passent apparemment tous leur weekends en dehors de la Cité-Etat à boire des mojitos au bord de la plage entre une séance de plongée et un massage.

La plage en Malaisie

La réalité : les weekends de dernière minute à Bali c’est cool mais vu le trou dans votre budget, la prochaine fois mieux vaut acheter les billets à l’avance.

Au début il est facile de se faire plaisir pour ce genre de choses, et au final vous guettez la parution des jours fériés sur le site du MoM pour rusher tel un zerg** les sites d’AirAsia, Jetstar et Tiger pour les bonnes affaires.

 

3- Les impôts

La promesse : Il n’y a pas ou peu de taxes à Singapour, la TVA est à 7% et l’impôt sur le revenu est ridicule (ne parlons même pas de l’impôts sur les sociétés ou les charges sur les salaires).

Salaire moyens à Singapour

La réalité : oui les taxes sont bien moins importantes qu’en France mais il y a également des taxes qui ne sont payées que par les étrangers. Vous voulez acheter un appartement ? 15% du prix d’achat en taxe à régler comptant (ABSD).

Par ailleurs les stock-options sont imposables dans la Cité-Etat. Cela reste tout de même un des points où l’image de Singapour est juste : les impôts sont relativement peu élevés (hormis immobilier).

 

4- Les contrats de travail

La promesse : parce qu’il n’y a pas de charges salariales ou patronnales, salaires bruts = salaires nets. Voir des jeunes diplômés qui commencent en CDI à 4,500$ par mois (soit 2,600 euros net) n’est pas anormal dans la Cité-Etat. Le marché du travail est très flexible, et il est courant de voir des salariés avoir des grosses augmentations pour les retenir ou les attirer dans une entreprise.

Les banques à Singapour

La réalité : le salaire est sympa mais vous n’avez ni chômage, ni sécurité sociale, ni retraite et seulement 14 jours de congés par an. Le préavis en cas de licenciement est d’un mois et surtout si on vous licencie, vous perdez votre visa et retournez sur un visa de tourisme.

 

5- Les visas

La promesse : il est toujours facile d’obtenir un visa de travail à Singapour en dépit du durcissement des lois sur l’immigration.

Dans le sac de Louis

En réalité : les règles changent très vite (d’un mois sur l’autre parfois) et l’attribution des visas devient de plus en plus opaques sans compter que les délais d’obtention s’allongent. Quant au statut de PR (Résident Permanent), il est devenu beaucoup plus dur à obtenir.

 

6- La communauté française à Singapour

La promesse : 10,000 selon l’Ambassade, plus proche de 15,000 en réalité. L’importance de la commuauté française à Singapour permet de se rassurer. Il y aura toujours des compatriotes pour vous aider et la France dispose de structures en place pour vous aider (FCCS, Ambassade,…) sans compter tous les services privés à destination des français qui vous aideront à vous installer et à vivre sur place.

Evolution du nombre de français à Singapour

La réalité : le nombre de français est un atout et un problème. Compte-tenu de la taille de la communauté, vous n’êtes plus qu’un numéro dans la masse et décrocher un simple entretien avec le service RH débordé de la chambre de commerce française à Singapour (FCCS) n’est pas facile.

 

7- Exporter l’art de vivre à la Française

La promesse : il est facile de devenir millionaire en vendant du pain et du vin*** (Amen).

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La réalité : les entrepreneurs qui veulent monter un business dans le vin avec le meilleur sommelier du Kazakhstan sont légions. Quant aux boulangeries, il y a en 3-4 qui se lancent par mois et la concurrence est brutale en F&B.

 

Conclusion : retour à la réalité ?

Le but de l’article n’est pas de vous décourager de venir à Singapour mais plutôt de décrire la réalité de la Cité-Etat, loin des reportages des médias. 

 

J’en profite pour anticiper les commentaires du type :

    • “C’est pas vrai, moi j’ai eu mon visa en 2 jours”  ça ne veut pas dire que tout le monde a son visa en 48h.
    • “Tu veux limiter la concurrence” Si je voulais vraiment limiter la concurrence, je fermerai le blog (comme beaucoup de personnes me l’ont suggeré, voire carrément demandé lors de rencontres)
    • “Geu nid korak” spéciale dédicace pour Polzie (hmmm tu ne sais pas qui est Polzie ?)

 

* En fait un nombre croissant de français a déjà franchi le Rubicon : 2 options, soit un HDB proche du centre-ville, soit un condo dans les banlieues loitaines. Mais l’interêt est le même, économiser sur le loyer (ou alors revenir vivre en France). 

**Page Wikipédia : Zerg

*** Par contre à priori personne n’a tenté pour le Boursin.