Travail

Travailler à Singapour

Son taux de croissance à deux chiffres, ses entreprises internationales, son marché du travail dynamique et sa stabilité politique…Le tableau parait idyllique et l’on peut penser qu’il est aisé de trouver un travail à Singapour.

Port de conteneurs de Singapour

Tout d’abord quelques généralités sur le travail à Singapour : ici on bosse 44 heures par semaines (8 heures par jour) avec environ 2 semaines de vacances par an et près d’une dizaine de jours fériés dans l’année. La protection sociale telle que le chômage n’existe pas pour les étrangers et l’assurance maladie est privée. Il faut donc systématiquement que vous preniez une mutuelle complète à vos frais (ou par le biais de votre entreprise).

Travailler à Singapour

Il n’y a pas de salaire minimum mais en général ceux-ci sont les mêmes qu’en France ce qui est d’autant plus intéressant que le système fiscal moins lourd (on gagne pareil mais on paye moins de taxes).

 

Chercher un travail à Singapour

A l’instar de nombreux pays, Singapour propose de nombreux job boards (Monster, JobDB, JobStreet,…), les principaux cabinets de recrutement et de chasseurs de têtes sont également présents en quantité. La majorité des sociétés ont leur siège ‘Asie’ à Singapour pour différentes raisons (stabilité politique, système fiscal peu contraignant,…) donc il y a de très nombreuses entreprises couvrant tous les domaines possibles et imaginables.

Financial District de Singapour

Trouver un travail depuis la France reste très difficile (seuls quelques rares VIE sont publiés sur civiweb) voir mission impossible notamment si vous visez des entreprises qui ne sont pas françaises. Tout le monde vous le dira, il faut mieux être sur place pour chercher du travail.

Au sujet des VIE, sachez qu’à la date du 23 juin 2011, il y a 182 VIE à Singapour dans 82 entreprises françaises différentes.

Concernant le CV, sachez qu’ici on parle de ’Resume’ et que celui-ci se doit d’être très détaillé sur plusieurs pages (et en anglais bien sûr). N’hésitez à mentionner vos activités annexes (pratique régulière d’un sport, bénévolat,…) et mettez en avant vos ’achievements’ qu’ils soient professionnels, scolaires ou sportifs. Les références sont souhaitées (il est toujours de bon ton de finir un CV par « References available upon request »). Plus d’informations sur comment faire un CV pour Singapour dans un article bientôt !

 

Est-il facile de trouver du travail à Singapour ?

Ce paragraphe s’adresse aux personnes souhaitant venir à Singapour sans pour autant avoir un travail sur place. Il est possible de trouver un travail facilement en quelques jours, les employeurs se battent pour les meilleurs profils et sont prêts à faire de très belles offres aux très bons salariés. La question est juste de savoir : Faîtes vous partis de ces profils ? Si oui alors Singapour sera un rêve pour vous, si non cela sera plus compliqué mais pas impossible trouver un travail.

Quartier des affaires à Singapour

Le marché du travail est tendu et la concurrence est très rude. Etre fort, prêt à tout et volontaire ne suffira pas. C’est indispensable mais mieux vaut être au fait de la réalité de la recherche d’emploi à Singapour sous peine d’un retour prématuré en France.

 

Vous partez avec plusieurs désavantages par rapport aux locaux :

    • Vous êtes étranger (donc vous avez besoin d’un visa de travail, c’est à dire que l’entreprise doit déposer un dossier et payer des frais avec le risque de voir votre dossier rejeté), oubliez le fait d’avoir un EPEC, seul le PEP pourra vous être utile dans cette situation.
    • La majorité des offres dans les journaux et forums d’emplois sont réservés aux Singapouriens et aux personnes bénéficiant déjà d’un visa de résident permanent (PR).
    • Il y a des quotas pour les étrangers dans certains secteurs et selon certains types de visas.
    • Vous n’êtes pas un ‘English Native Speaker’ (mais ce n’est pas trop grave, un bon niveau d’anglais est suffisant).
    • Vous ne parlez pas le chinois (on a beau être à Singapour, parler chinois est toujours un plus et pas seulement dans les restaurants).
    • Vous ne maîtrisez pas une seconde langue locale (Malais et Indonésien, Hindi, Thaïlandais,…).
    • Le climat général en ce moment c’est « Dehors les étrangers qui nous volent notre travail » (tiens c’est bizarre j’ai déjà entendu ce slogan quelque part en France).
    • Vous n’avez pas ou peu de certifications officielles (CFA, PMI & cie)
    • Vous êtes des dizaines (voir beaucoup plus) à venir chaque semaine pour tenter votre chance à Singapour qui est devenu LA destination des français en Asie.

Gardez à l’esprit qu’entre deux profils équivalents, un candidat local aura beaucoup plus de chances et ceci est tout à fait compréhensible ! D’autant que Singapour dispose d’Universités de classe mondiale et forme des étudiants de très haut niveau dans tous les domaines.

Chantier de construction à Sentosa Singapour

Maintenant que vous savez quels sont les points faibles des candidatures de français, voyons ce qui peut jouer en votre faveur !

 

Vous avez une chance si :

    • Vous avez un très bon réseau, c’est l’atout #1 ici. Sans réseau il est quasi-impossible de trouver un travail. Si vous ne connaissez personne, si votre école n’a pas un réseau très solide (le meilleur réseau à Singapour ? Certainement celui de l’ESSEC) alors cela va être difficile car vous n’aurez même pas accès aux offres.
    • Vous avez une spécialité rare (Cobolt, AS/400, Fiscaliste TS, Bâle III, iOS & android Ninja,…) et que vous avez un très bon niveau (sinon vous allez vous faire dégager rapidement).
    • Vous avez minimum deux ans d’expérience dans la spécialité que vous visez.
    • Vous travaillez en Banque – Finance – Assurance (et vous avez votre CFA level 1 minimum + un MBA éventuellement).
    • Vous faites du contrôle de gestion (le job que les boîtes françaises, avec la DAF, refuseront toujours de confier à des locaux).
    • Vous êtes prêts à accepter un salaire faible pour débuter.

Bref en dehors de ce qu’on appellera les spécialistes, les offres pour les postes classiques ne sont pas ou peu publiés par les boîtes françaises et tout se fait par le bouche à oreille. Le problème n’est pas en général le profil ou la motivation affichée par le candidat mais tout simplement qu’ici tout fonctionne par recommandations et réseaux. Pas de réseau = pas d’accès aux offres = pas de travail.

Autant dire que tout le monde se connait (le monde est petit, le monde français à Singapour est minuscule) et qu’il faut mieux faire se faire connaître soi-même pour participer à l’activité (la première chose à faire avant de venir et donc de faire des cartes de visites à votre nom que vous pourrez échanger lors de nombreuses occasions). N’hésitez pas à faire un tour également à la chambre de commerce française à Singapour (FCCS) d’autant que c’est gratuit.

FCCS Singapore

Pour information la FCCS a recensé 360 demandeurs d’emplois et 147 offres d’emplois pour l’année 2010 et a réussi à placer 56 candidats. Mais il faut savoir qu’à Singapour ce n’est pas la seule organisation à proposer ce type de services.

American Association of Singapore

En effet je vous conseille également de regarder du côté de la très puissante American Association of Singapore (AA Singapore) mais dont tous les services sont payants : c’est à dire qu’il faut être membre de la AAS pour pouvoir consulter le détails des annonces, avoir accès aux ressources,… Une offre facturée 138$ par an. Après tout est question de feelings, si vous êtes à la recherche d’un emploi, je ne pense pas qu’être chauvin vous sera très utile donc n’hésitez pas à aller faire un tour à l’AAS

 

Prêt à accepter n’importe quel travail ?

Etes-vous prêt à accepter n’importe quel travail pour rester à Singapour ? Si c’est le cas alors sachez-que vous vous exposez à deux choses. D’une part il va être difficile pour vous d’obtenir le fameux Employment Pass à moins que l’entreprise qui vous embauche ne fasse une dossier très sérieux démontrant que vos compétences sont uniques et que votre job ne peut pas être fait par un singapourien. De l’autre il va falloir accepter un salaire ridicule (inférieur au SMIC en France).

A titre d’information voilà une photo prise au nouveau magasin Uniqlo situé au 313 Somerset qui recrute des vendeurs et des vendeuses en ce moment.

Offre de travail Uniqlo Singapour

Donc c’est payé 1300 $ (soit environ 732€) pour un plein-temps (44h par semaine) ou 6,7$ par heure (soit 3,77€ par heure) pour un job à mi-temps. Avec 1300$ vous devez payer votre logement, votre nourriture, votre mutuelle et je pense qu’après il ne doit pas vous rester grand chose…

 

 Mais j’ai rencontré un mec qui m’a dit que…

Les gens sont toujours prompt à se vanter de leur parcours, mais sachez que seuls ceux qui ont réussi à en parle. A Singapour il n’y a que des gens qui ont réussi si on écoute les récits des français ! Les autres rentrent en France et ne font pas trop de publicité autour de leur retour. Il y a évidemment toujours des exceptions et on est très heureux quand une bonne nouvelle arrive mais cela reste très rare.

A Singapour il n'y a que des gens qui ont réussi

Mais ne misez pas sur la chance pour trouver un travail, comptez plutôt sur vous-même (d’abord), vos qualifications (un peu) et votre réseau (surtout).

 

Posez vous les bonnes questions

Etes-vous prêt à être payer une misère dans une des villes les plus chères du monde ? Il faut mieux vivre en France que survivre à Singapour. Gardez à l’esprit que Singapour est une ville capitaliste où il ne fait pas bon être pauvre surtout quand on est étranger et qu’on a pas de soutien sur place (famille, amis proches,…) pour vous aider ou vous remonter le moral en cas de baisse de régime.

Singapore dollars...

Mais Singapour est une ville magnifique qui continue de faire rêver à juste titre et qui offre, pour ceux qui réussissent à s’implanter, un cadre de vie unique au monde. Maintenant que vous êtes sûr de vous, je n’ai plus qu’à vous souhaitez bonne chance et à bientôt à Singapour !

 

Plus d’informations sur les salaires et la recherche d’emplois

 

Plus d’informations sur les visas 

À propos de l'auteur

Auteur du blog Paris-Singapore, boit 8 cafés par jour pour se tenir éveillé et lit des gros livres pour paraître intelligent.